Yakuza est une série développée par SEGA qui propose de suivre la vie d’un ex-yakuza, Kiryû « Badass » Kazuma. Après deux épisodes sur Playstation 2 où il est sorti de taule après une peine de 10 ans pour protéger son chef et une tentative de guerre au sein des yakuzas, la série des Yakuza se lance sur PS3.

Je n’avais jamais joué à un Yakuza auparavant mais on m’en avait parfois parlé comme d’un beat them’ all avec des relents de la série de jeux Shenmue. J’ai pas hésité longtemps après avoir vu le jeu soldé dans un rayon de magasin et, heureusement pour moi, le jeu contient deux petites vidéos qui raconte l’histoire de Yakuza 1 et 2 en quinze-vingt minutes. Ce qui permet donc d’introduire la série à tous types de néophytes ou de rappeler certains points importants à ceux qui n’y auraient pas joué depuis longtemps.
Là où l’on me vantait les mérites de l’action frénétique de Yakuza avec des combats de rues, des furies, des objets à utiliser pour térasser l’adversaire à travers le quartier le plus chaud et glauque de tout Tokyo, Kamurochô (pastiche de Kabukichô qui est le quartier chaud de Tokyo). Je me suis retrouvé, durant les cinq-six premières heures à Okinawa. Dans une petite ville côtière et à voir Kiryu Kazuma, une grande figure du monde des yakuza s’occuper d’un orphelinat. J’ai été quelque peu troublé par l’image joyeuse que montrait Yakuza 3. L’histoire prends également tout son temps avant de vraiment s’enfoncer dans de l’action pure et dure. Néanmoins, on se laisse porter. L’histoire reste touchante et même si c’est pas ce à quoi s’attendait, les néophytes de la série ne seront pas directement repoussés par ce calme qui ne fait que préparer un retour à l’action une fois que Kiryu décide de délaisser sa chemise hawaïenne pour son costard blanc et de remettre l’ordre dans le quartier de Kamurocho.
Le jeu, une fois l’histoire bel et bien lancée, sera parsemé de combats qui réveilleront en vous les instincts les plus violents et basiques possible. Des punks vous agressent ? Pas la peine de prendre des pincettes, vos pieds, vos poings ou tout bêtement tout ce qui vous passe sous la main (pied de biche, pot de fleur, vélo, poubelle, pancarte publicitaire…) suffiront pour provoquer une baston générale. Vous aurez la possibilités de faire plusieurs types de combo, de prendre vos adversaires et de les lancer dans tous les sens ou tout simplement, après avoir accumulé assez d’énergie dans une barre que vous remplissez à force de donner des coups, déclencher une furie. Les furies sont des coups spéciaux que vous pouvez déclencher en pressant sur un bouton. Kiryu effectuera une action spécial avec les moyens du bord, frapper à répétition avec un pot de fleur sur le crâne de quelqu’un, lui faire une prise de catch et lui casser les jambes à coup de pied de biche ou le classique « Je t’explose le crâne contre le mur et j’écrase ton faciès avec mon talon une fois à terre ». C’est assez défoulant mine de rien et même s’ils sont parfois nombreux, les combats de Yakuza 3 restent amusants et agréables.

En parallèle des combats incessant et de la vie violente d’un yakuza, il y a tout Kamurochô qui vous accueillent à bras ouvert. À la manière d’un GTA ou Shenemue ou n’importe quel jeu dit « Open-world », vous avez tout le quartier à votre disposition et vous pouvez profiter des moults activités disponibles (dont une certaine partie coupée dans la version européenne et américaine malheureusement). Il y a le mah-jong, le shogi, deux jeux de sociétés japonais. Les night clubs avec bar à strip-teaseuses et hôtesses qui vont vous faire débourser pas mal de sous pour… pas grand-chose, la salle d’arcade SEGA avec son shmup 3D plutôt addictifs ou tout bêtement les casinos avec du blackjack, de la roulette, des bandits manchots et similaires. D’ailleurs, pour l’anecdote, sachez que les casinos japonais de Tokyo ramènent 12 milliards d’euros alors que les casinos français ne ramènent que 2,65 milliards. Kamurocho est un quartier vivant et il y aura d’ailleurs plein de mini-quêtes qui vous attendront. Des plus basiques (« Retrouve mon chien ») au plus farfelues (« Joue le rôle de mon copain pendant 3 jours ! », il y a des tas d’heures à perdre tout en s’amusant.
Graphiquement, le jeu se défend comme il peut. Il a beau ne pas être une claque graphique, avec des visages de figurants parfois modélisés à l’arrache ou des textures baveuses, il reste agréable à l’oeil et la ville de nuit reste splendide à regarder. Les protagonistes ont d’ailleurs un soin tout particulier à leur visage qui est, quant à eux, très bien texturées
Le jeu se dote d’une OST de plutôt bonne facture, calme quand il le faut, nerveuse quand les situations l’exigent. Sans pour autant me l’écouter en boucle tous les jours, je garde un bon souvenir de la bande-son. La version Européenne contient même un CD de la bande son avec les meilleurs morceaux. Petit geste qui fait toujours plaisir.
Curieusement, Yakuza 3 plaira plus aux néophytes de la série qu’aux initiés. Le début en douceur avec un ex-yakuza baby-sitter passe mieux lorsqu’on n’est pas habitué à l’action non-stop de Kazuma et s’il est le « moins bon » de la série. On pourra toujours se dire que les autres contiendront forcément plus d’action et seront plus nerveux. Par contre, pour le fan hardcore qui entame le 3, il doit se prendre une de ces débandades.

Le 4 est d’ailleurs sorti et propose en plus de jouer quatre personnages différents venant de milieu particuliers (un créancier, Kiryu, un flic et un taulard condamné à la peine de mort) qui devront s’unir d’une manière ou d’une autre. Un spin-off nommé Yakuza: Dead Souls (ou au Japon Yakuza of the End) est également sorti, plus particulier puisqu’il relate ce qu’il se passerait si Kamurocho se faisait envahir par les… zombies. Il y a même des bars à hôtesses où l’on peut draguer des zombies. C’est génial.